Grande halle

Les Echos

A Caen, l’usine sidérurgique reconvertie en tiers-lieu.

Philippe Legueltel Correspondant à Caen

A Colombelles, l’ancien atelier électrique a repris vie. Baptisé « Le Wip », il accueille de multiples activités depuis octobre 2019. Sa dirigeante admet toutefois que son financement est un combat .

C’était une grande halle taguée de partout et ouverte à tous les vents depuis… 1993 ! Depuis octobre 2019, le bâtiment, un ancien atelier électrique de l’ex-usine sidérurgique SMN (Société Métallurgique de Normandie), fermée voilà vingt-sept ans, est enfin réhabilité. « On démarre la nouvelle aventure de la grande halle », se réjouit Ophélie Deyrolle, cofondatrice et directrice du Wip, l’association créée dès 2016 et chargée des travaux et du devenir des lieux. Après deux ans de chantier, la commune de Colombelles, à l’est de Caen, compte un nouveau tiers-lieu, ouvert à de multiples activités.

Dans les deux nefs de la vaste enceinte, sur 3.000 m2, bureaux, ateliers partagés, espaces de concerts ou d’événements (jusqu’à 1.000 personnes), bar resto, salles de réunion et de formation, boutique éphémère… sont désormais accessibles. Convaincues de l’utilité du réemploi du bâtiment, les collectivités (avec l’Europe et l’Ademe) ont décidé de le financer à hauteur de près de 8 millions d’euros.

Une trentaine de cotravailleurs y ont déjà pris place et toutes les semaines un nouveau arrive. Les salles sont régulièrement réservées par des entreprises ou des associations. Une école de formation au numérique y a élu domicile. « C’était un vrai besoin sur l’agglomération. En reliant économie, culture, environnement, loisirs et solidarité, nous voulons proposer des alternatives dans nos façons de travailler, de vivre, d’interagir, pour mieux relever les défis écologiques et sociaux qui se présentent à nous », ajoute Ophélie Deyrolle.

« Un renouveau »

« La diversité est en train de prendre. C’est un lieu des possibles, un creuset d’énergies foisonnantes, dont les ingrédients sont multiples et dont on ne connaît pas la recette, mais c’est toujours bon à la fin. A nous tous de faire que l’aventure soit collective », ajoute Ophélie Deyrolle. Une société coopérative (sous forme de SCIC) porte le projet. A elle de trouver les 500.000 euros de budget pour assurer son fonctionnement. « C’est un combat de tous les jours », sourit la cofondatrice, à la tête de 6 salariés.

« Le passé industriel n’a pas été oublié. C’est un renouveau patrimonial et humain », souligne, satisfait, le maire de Colombelles, Marc Pottier. Le défi de réutiliser un site industriel sans le détruire a été réussi et même remarqué. Sa reconversion, dont la maîtrise d’oeuvre a été assurée par les architectes d’Encore Heureux, a été exposée au coeur du Pavillon français lors de la Biennale d’architecture de Venise en 2018.

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